La citrouille est plus couramment consommée en Amérique du Nord et le potiron, en Europe.
La citrouille contient une quantité particulièrement intéressante de caroténoïdes, des composés antioxydants. Malheureusement, elle est plus souvent utilisée comme élément de décoration pendant l’Halloween qu’apprêtée pour être consommée. Cette fiche traitera principalement de la citrouille et de ses graines. Il est à noter que les graines de citrouille et leur huile font l’objet d’une fiche dans la section Approches complémentaires.
Principes actifs et propriétés Plusieurs études prospectives et épidémiologiques ont démontré qu’une consommation élevée de fruits et de légumes diminuait le risque de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques1,2. Quelques mécanismes d’action ont été proposés pour expliquer cet effet protecteur; la présence d’antioxydants dans les fruits et les légumes pourrait y jouer un rôle.
- Antioxydants. Les antioxydants sont des composés qui protègent les cellules du corps des dommages causés par les radicaux libres. Ces derniers sont des molécules très réactives qui seraient impliquées dans le développement des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement3. Les principaux composés antioxydants de la citrouille sont les caroténoïdes. La consommation d’aliments riches en caroténoïdes serait liée à un risque moindre de développer certains cancers4. Il est à noter que les caroténoïdes sont mieux absorbés dans l’organisme lorsqu’une petite quantité de lipides (gras) est consommée au même moment5. Il est donc tout indiqué de consommer la citrouille avec quelques noix ou un filet d’huile, par exemple.
- Bêta-carotène. Le principal caroténoïde de la citrouille est le bêta-carotène, qui contribue largement à sa couleur orangée6,7. Selon le Fichier canadien sur les éléments nutritifs de Santé Canada, 125 ml (1/2 tasse) de citrouille cuite renferme une grande quantité de bêta-carotène, soit 2 713 μg. À titre de comparaison, la carotte, reconnue comme l’une des meilleures sources de bêta-carotène, contient plus de 4 000 μg de ce précieux caroténoïde. En plus d’être une source de vitamine A pour l’organisme, le bêta-carotène aurait aussi un effet antioxydant. Il pourrait améliorer certaines fonctions du système immunitaire8,9. Toutefois, en ce qui concerne la prévention du cancer, certaines nuances doivent être apportées. En effet, plusieurs études épidémiologiques ont observé une association entre la consommation d’aliments riches en bêta-carotène et une diminution du risque de certains cancers, mais l’effet de suppléments de bêta-carotène n’a pas toujours apporté des résultats bénéfiques8,9. Il demeure judicieux de privilégier des aliments contenant du bêta-carotène plutôt que des suppléments, puisque ces aliments renferment naturellement une foule d’autres substances pouvant apporter des bienfaits sur la santé.
- Lutéine et zéaxanthine. La citrouille contient une bonne quantité de lutéine et de zéaxanthine, deux autres composés antioxydants de la famille des caroténoïdes6,7. Selon le Fichier canadien sur les éléments nutritifs de Santé Canada, 125 ml (1/2 tasse) de citrouille cuite renferme 1 313 μg de lutéine et de zéaxanthine. À titre de comparaison, 250 ml (1 tasse) d’épinards crus, un légume très riche en ces caroténoïdes, en contient 3 867 μg. La lutéine et la zéaxanthine s’accumulent dans la macula et la rétine de l’oeil10, le protégeant ainsi du stress oxydatif qui pourrait lui causer des dommages. D’ailleurs, les données d’une revue de littérature scientifique indiquent qu’un apport régulier en lutéine et en zéaxanthine est associé à un risque plus faible de dégénérescence maculaire et de cataracte, deux maladies de l’oeil10,11. De plus, on commence à croire que ces composés pourraient contribuer à prévenir certains cancers, notamment le cancer du sein et le cancer du poumon, et les maladies cardiovasculaires10. Notons toutefois que les études sur la santé cardiovasculaire sont encore limitées et parfois contradictoires. Autres caroténoïdes. La citrouille contient aussi des quantités non négligeables de bêta-cryptoxanthine et de plus petites quantités d’alpha-carotène6,7. Tout comme les autres caroténoïdes, ces composés peuvent se transformer en vitamine A dans l’organisme12. Ils contreraient in vitro la prolifération de certaines cellules cancéreuses, ce qui fait du bêta-cryptoxanthine et de l’alpha-carotène des composés prometteurs dans la prévention du cancer13.
Cancer. Depuis quelques années, certaines études épidémiologiques et de cas-contrôle ont démontré un lien entre la consommation de citrouille et le risque de certains types de cancers. D’abord, des chercheurs ont observé que les gens qui consommaient davantage de citrouille avaient un moindre risque de différents types de cancers14-16. À l’inverse, deux études réalisées au Japon ont révélé qu’une grande consommation de citrouille (c'est-à-dire plus de trois fois par semaine) était associé à un risque plus élevé de certains cancers17,18. Il est à noter que ces études ont été réalisées principalement dans des pays asiatiques, où la consommation de ce légume est beaucoup plus courante qu’en Amérique du Nord. Étant donné ces résultats contradictoires, davantage d’études seront nécessaires avant d’établir un lien significatif entre la consommation de citrouille et l’incidence du cancer.
Glycémie. Un récent article scientifique ayant recensé plusieurs études réalisées dans des pays asiatiques indique que la prise d’extraits de citrouille (sous forme de poudre ou de jus) contribue à diminuer la glycémie chez l’animal et même chez l’humain19. Une étude épidémiologique a aussi révélé que la consommation de fruits et de légumes riches en caroténoïdes (dont la citrouille et la carotte) pourrait être un facteur protecteur contre l’hyperglycémie chez des Japonais atteints de diabète ou d’hyperglycémie20. Ces résultats sont prometteurs, mais davantage d’études cliniques devront être effectuées avant de conclure qu’une consommation régulière de citrouille amène un tel effet. Les caroténoïdes21 ainsi que certains types de glucides (polysaccharides)22 contenus dans la citrouille pourraient y jouer un rôle. Il est à noter que la majorité de ces études ont utilisé des variétés de citrouilles cultivées en Orient, différentes de celles consommées en Amérique du Nord.
Pour connaître les autres propriétés de la citrouille rendez-vous sur PasseportSante.net.
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